Présentations

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Atelier préparatoire à l'écriture de cahiers de doléance, au théâtre des Amandiers, à Nanterre en mai 2018 avec la participation de S.O.C - la discussion pendant la rédaction des questionnaires n'est malheureusement pas audible.

Les formes actuelles de concertation se sont épuisées. Le doute s’est installé sur toutes les procédures de représentation. Beaucoup de responsables avouent qu’ils ou elles « ne savent plus comment écouter les habitants ». Quant aux citoyens ils passent du cynisme à la résignation en se plaignant de n’être plus écoutés.
Nous faisons le diagnostic que l’épuisement des capacités d’expression et d’écoute politiques provient de l’absence d’une procédure préalable qui permettrait aux habitants de discerner quel est le territoire sur lequel ils habitent. Par territoire ou « terrain de vie » nous entendons
1°) ce qui permet de subsister ;
2°) ce que l’on peut se représenter ;
3°) ce que l’on est prêt à défendre.
L’hypothèse de travail est donc très simple : si vous pouvez décrire le territoire que vous habitez, vous pouvez définir des intérêts et donc dessiner des lignes de conflits et vous mettre en quête d’alliances. Une expression politique devient à nouveau possible. La question de la représentation se pose à nouveau. On peut entendre ce que demandent les habitants et ceux-ci peuvent avoir le sentiment, à nouveau, d’être compris par leurs représentants à l’écoute de ce qu’ils demandent.
Pour nous faire comprendre nous utilisons le parallèle avec l’épisode des Cahiers de Doléance de 1789 rédigés par tous les états et communes de France en quelques mois à la demande du roi Louis XVI dépassé par les évènements et voulant éviter la ruine du royaume en situation de disette et de banqueroute. L’intérêt de ces cahiers c’est de voir comment des habitants deviennent capables :
- de décrire leurs conditions de vie dans le plus grand détail ;
- de repérer les injustices qui marquent ces conditions de vie ;
- et de formuler des doléances pour redresser ces injustices.
L’épisode des Cahiers, même indépendamment des épisodes révolutionnaires qui ont suivi, a permis aux habitants qui participaient à leur rédaction de se transformer en citoyens par le seul fait de pouvoir décrire sur quels sols ils posaient leurs pieds, dans quelles conditions de vie ils se trouvaient et quels étaient les adversaires qu’ils devaient combattre et les alliés sur lesquels ils pouvaient s’appuyer. Nous retirons de ce parallèle le principe de décrire un territoire et ses injustices avec les mêmes outils.
Aujourd’hui, il est infiniment plus difficile, à cause de la complexité des relations économiques et de la dispersion des tâches exigées par la globalisation, de faire coïncider les trois sens du territoire :
- territoire au sens de l’ensemble des conditions qui assure la subsistance d’une communauté quelconque – sens éthologique, écologique et économique ;
- territoire au sens de ce qui est vécu, ressenti et représenté par les sujets et dans lequel ils se sentent à l’aise – sens anthropologique ;
- territoire au sens du découpage administratif effectué par une autorité quelconque – sens géographique et légal.
Mais c’est justement parce que l’opération est devenue très difficile que les capacités d’expression politique ont été épuisées. Pour avoir une capacité d’expression politique, encore faut-il se ressentir à l’intérieur un monde concret dont on voit qu’il peut être décrit de façon réaliste et modifié par une action dirigée vers un but. C’est donc sur l’étape préalable à l’articulation d’une position politique quelconque qu’il faut se pencher en priorité.
Mais l’urgence du retour à la description concrète des terrains de vie, tient évidemment à ce qu’on nomme très mal comme une crise écologique. C’est bel et bien une crise des conditions de subsistance des habitants – et pas simplement dans des pays éloignés. En un sens tous les habitants se posent des questions qui ne sont pas si loin des crises de subsistance du passé. Ce que l’on mettait encore il y a peu dans « la nature extérieure à la société » est devenue ce qui compose le sol et assure la durabilité de nos conditions de vie. D’où la nécessité d’une reprise de la description des territoires.

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Agora des savoirs. 23 novembre 2017. Montpellier.

Cette conférence voudrait relier trois phénomènes que les commentateurs ont déjà repérés mais dont ils ne voient pas toujours le lien — et par conséquent dont ils ne voient pas l'immense énergie politique qu'on pourrait tirer de leur rapprochement : d'abord la « dérégulation » qui va donner au mot de « globalisation » un sens de plus en plus péjoratif ; ensuite, l'explosion de plus en plus vertigineuse des inégalités ; enfin, l'entreprise systématique pour nier l'existence de la mutation climatique. L'hypothèse est qu'on ne comprend rien aux positions politiques depuis cinquante ans, si l'on ne donne pas une place centrale à la question du climat et à sa dénégation. Tout se passe en effet comme si une partie importante des classes dirigeantes était arrivée à la conclusion qu'il n'y aurait plus assez de place sur terre pour elles et pour le reste de ses habitants. C'est ce qui expliquerait l'explosion des inégalités, l'étendue des dérégulations, la critique de la mondialisation, et, surtout, le désir panique de revenir aux anciennes protections de l'État national. Pour contrer une telle politique, il va falloir atterrir quelque part. D'où l'importance de savoir comment s'orienter. Et donc dessiner quelque chose comme une carte des positions imposées par ce nouveau paysage au sein duquel se redéfinissent non seulement les affects de la vie publique mais aussi ses enjeux.

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Inside est une "conférence augmentée" créée par Frédérique Ait-Touati à partir d'une conférence de BL placé sous ou derrière des images d'Alexandra Arènes, Sonia Levy et Axelle Grégoire, avec Patrick Laffont-DeLojo à la régie, et jouée à la Criée de Marseille le 24 mai 2018 après sa création à Nanterre-Amandiers en 2016. Elle a été jouée en anglais à Francfort et Berlin et en français à Strasbourg. (Pour une vision plein écran de meilleure qualité aller à https://youtu.be/qqBzXZ8IZ6w)

La conférence devient un spectacle à cause des images, cartes et expérience de visualisation proposés par les auteurs. Le public est invité à comprendre ce que veut dire se trouver "dans" ou "sous" la terre et non pas "au dessus" en la saisissant comme un globe vu de l'espace. Les conséquences politiques d'une représentation alternative du terrestre sont ensuite tirées.

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Le 28 juin 2017 au Musée de la chasse et de la nature, en lien avec le numéro de la revue Biilebaude

Si je vous dis : « Il faut sauver la nature », vous direz sans y penser : « Oui, oui, bien sûr » — et vous passerez à autre chose de plus important.
Mais si je vous dis : « Il faut défendre votre territoire ! » alors, là, vous vous mobiliserez aussitôt — vous voilà déjà en route pour le front en disant : « Bien sûr, c’est naturel de se défendre, même les animaux, après tout, protègent leur territoire ».
Ah tiens, c’est intéressant : il vous semble naturel de protéger son territoire, mais pas de défendre la nature ?
Pourquoi cette différence de sensibilité ?
Parce que la nature, le plus souvent, c’est ce que l’on contemple de face, derrière une vitre, comme un spectacle ou comme un paysage.
Le territoire, c’est tout autre chose : c’est ce sur quoi on pose les pieds, ce dont on dépend, ce que l’on tremble de perdre, ce dont chacun sait qu’il faut prendre un soin extrême.
Il y a donc deux paysages : celui que l’on regarde en face, de façon détachée, et celui dans lequel on se trouve inséré et qui vous tient.
D’où la question suivante : est-ce que vous savez vraiment de quoi se compose le paysage dont vous devez prendre soin ? Jusqu’où s’étend-il ? Quelles sont ses limites ? Qui sont ceux qui l’occupent et qui l’animent ?
Et là, première surprise : vous vous trouvez bien embarrassés pour décrire un peu précisément le territoire à défendre.
Que faire ? Vous équiper pour traquer, capter, pister, sillonner ce dont vous ne connaissez pas les exactes limites.
D’où la deuxième surprise : la nature qui se trouvait en face de vous, voilà qu’elle se trouve désormais sous vos pieds — et qu’elle vous tient.

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Conférence dans le cadre de Spinoza à Paris, séminaire de Charles Ramon, Paris VIII, le 19 mai 2016

Inviter Spinoza à participer à l'enquête sur les modes d'existence (EME) n'est pas sans risque. Je résumerai les résultats de l'atelier mené avec lui. Nous sommes partis de la matrice commune aux deux projets, celle de l'exégèse biblique ce qui nous permettra de comparer les premiers chapitres du Traité Théologico-Politique et de voir comment ils caractérisent les êtres dits de [REL]. Ensuite il sera possible de voir comment cette première forme d'énonciation permet un contraste avec d'autres formes d'énonciation en particulier celle de la politique et celle de la philosophie (assimilée pour aider à la rencontre à [PRE]). C'est cette comparaison, curieusement, qui permettra de réinterpréter le contraste entre les quatre premières parties de l'Éthique et la cinquième. Cet atelier permettra de jeter une certaine lumière sur le trop célèbre « Deus sive natura » qu'il faudrait mieux écrire « Deus AUT natura ». Les membres du séminaire auront ainsi tout loisir de critiquer les deux participants (une connaissance du projet EME est indispensable car il n'en sera pas parlé dans ce cadre).

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Pour lancer la Nuit des Idées au Quai d'Orsay le 27 février les organisateurs avaient proposé à ces deux auteurs de répondre à la question "de quoi le monde sera fait"?

La discussion est un peu compliquée du fait que Koolhaas s'exprime en anglais et BL en français. Elle cherche à répondre aux questions de Mathieu Potte-Bonneville en distinguant les versions modernistes, hypermodernistes et non-modernes et en essayant de comprendre ce qu'il advient de l'architecture quand elle est violemment impactée par la mutation écologique.

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Dans le cadre de la conférence au Collège de France "Comment penser l'Anthropocène", conférence donnée en français avec des transparents en anglais, le 6 novembre (avec une voix éraillée!)

Zone critique est un terme utilisé par le réseau des chercheurs qui renouvellent la question du territoire en équipant des portions de sol depuis le haut de la canopée jusqu'aux roches mères de façon à faire travailler ensemble de nombreuses disciplines qui s'ignoraient quelque peu avant. Ce terrain d'étude est l'occasion d'une prise sur les questions de l'Anthropocène et du Nouveau Régime climatique particulièrement commode.

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Conférence spectacle donnée au Musée Branly avec Mathieu Protin et Frédérique Ait-Touatti dans le cadre d'une série "L'ethnologie va vous surprendre", 14 mars 2015

On admire au Musée du Quai-Branly les merveilleux restes de cultures multiples à jamais disparues. On les regarde aujourd’hui d’une toute autre façon. Pourquoi ? Parce que ce sont désormais les cultures auxquelles appartiennent les visiteurs qui semblent, à leur tour, menacées de disparition. Voilà qui change le regard par l’apparition d’une sorte de connivence quelque peu tragique entre les visiteurs contemporains et les peuples anciens.
Voir le texte de l'argument paru dans le Monde.

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Conférence du 22 novembre au théâtre des Amandiers sur le projet 'Théâtre des négociations' qui doit se tenir en mai 2015 dans le cadre du projet Make it Work préparant la COP 21, la conférence de Paris sur le climat.

Sciences Po a organisé en juin 2011 COP RW, une simulation ex-post de la COP15 par 150 étudiants. Le succès de l'opération a motivé Sciences Po pour organiser une simulation ex-ante au printemps 2015 de la prochaine conférence climat. L’objectif est d'imaginer des modes de négociation alternatifs, qui ne soient pas contraints par le cadre onusien.

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Une présentation de sept minutes qui préfigure ce qu'on trouve désormais sur le site modesofexistence.org depuis qu'il est opérationnel (juin 2013) après la sortie du livre papier Enquête sur les modes d'existence (La Découverte, 2012).

Le livre papier n'a pas de bibliographie, ni de note, ni de glossaire. L'ensemble de l'apparat critique apparaît sur la version numérique qui a gardé la même pagination et la même typographie. Mais en plus du livre augmenté, on trouve la possibilité pour les lecteurs et commentateurs de devenir aussi co-enquêteurs en ajoutant des documents et des propositions au livre original.