Sur une nette inversion du schème de la fin des temps, Institut Catholique de Paris, chaire du Bien Commun, vendredi 6 avril 2018

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Sur une nette inversion du schème de la fin des temps, Institut Catholique de Paris, chaire du Bien Commun, vendredi 6 avril 2018 application/pdf icon
2018

Institut Catholique de Paris, chaire du Bien Commun, vendredi 6 avril 2018

Abstract

Si cette figure nouvelle d’une terre qui gémit sous l’action des humains est originale c’est qu’elle est mêlée dans l’encyclique de façon indissoluble au cri des pauvres. Or, deux cents ans après la naissance de ce qu’on pourrait appeler la préoccupation pour l’écologie, et malgré tous les efforts des militants et des penseurs, le lien entre la misère des pauvres et la catastrophe ou la mutation écologique reste toujours bien faible. La question sociale et la question écologique font l’objet d’un embranchement et même d’une contradiction comme s’il fallait toujours avoir à choisir entre l’économie et l’écologie. Alors que dans Laudato Si ! le lien indissoluble entre deux objets nouveaux — le cri de la terre et des pauvres — est l’objet même d’une nouvelle attention apostolique.
Nous sommes donc, je crois, tous les trois d’accord, il ne s’agit en rien d’un texte dont on pourrait dire : « Tiens, un pape s’intéresse enfin à la question de la nature ». Non, il s’agit d’une innovation prophétique par laquelle un pape fait advenir une figure nouvelle qui décale l’ancien thème de la nature, partagé jusqu’ici par l’écologisme aussi bien que par ses ennemis, pour en faire le nouvel objet de l’attention des chrétiens : la mère sœur clameur de la terre et des pauvres.